Téréos. Stratégie contestée

jeudi 23 août 2018

La crise qui couvait au sein de la direction du groupe coopératif Téréos depuis plus d’un an, a éclaté au grand jour cet été. Courant 2017, des membres du conseil de surveillance, dont son vice-président, auraient déjà demandé au directoire des précisions sur la situation financière du groupe, s’interrogeant sur la rentabilité des filiales internationales ainsi que sur le niveau d’endettement.
La tension est montée d’un cran lors de la présentation du projet de création du Campus Europe, regroupant près de 500 salariés des services centraux, répartis en France (notamment à Lille) et en Belgique au sein d’un nouveau siège à Moussy-le-Vieux (à côté de Roissy), ancien siège de la Française des Jeux, racheté pour l’occasion. Ce projet n’a été adopté au conseil de surveillance que par 11 voix pour contre 10, faisant voler en éclat le consensus qui prévalait jusqu’alors pour l’approbation des décisions du directoire. Ce vote montre de sérieuses divergences quant à l’orientation stratégique imposée au groupe. Par ailleurs, ce projet, combattu par la Cgt, s’inscrit dans une restructuration des services administratifs, la mise en place du lean et l’externalisation de certaines fonctions dans le cadre de la nouvelle organisation du groupe « One Téréos ». Il aura pour conséquence de nombreux licenciements et la dégradation des conditions de travail des salariés restants.

Tout récemment, cinq membres du conseil de surveillance ont démissionné, suivis par 70 conseillers de région sur 73 dans les trois régions Nord-Littoral, Nord et Picardie-Ouest qui correspondent aux cinq sucreries d’Attin, Boiry et Lillers dans le Pas-de-Calais, Chevrières dans l’Oise et Escaudoeuvres dans le Nord. Ces 5 sucreries regroupent 7 500 coopérateurs sur les 12 000 que compte Téréos. Il semble bien que le versement d’un complément de prix de 42 millions d’€ aux planteurs, lors de la campagne 2017-2018, n’aura pas suffi à faire taire les incertitudes et les désaccords.
Internationalisation, rachat de sociétés sucrières, augmentation des emblavements et de la production, restructuration, suppression d’emplois et menace sur le savoir-faire sucrier, dégradation des conditions de travail… les opérations se sont multipliées depuis plusieurs années pour anticiper la fin des quotas. La direction n’y voit que l’opportunité de l’ouverture de marchés à l’exportation. Cette stratégie, calquée sur celle des groupes transnationaux, menace la pérennité d’un fleuron de notre industrie sucrière,


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