Ania-Bilan 2016 : de qui se moque-t-on ?

mardi 25 avril 2017

L’Ania (Association nationale des Industries agroalimentaires) a publié le bilan 2016 du premier secteur de l’industrie française. Dressant un bilan sombre, il serait le seul à ne pas profiter de la reprise. Le défaut de compétitivité de l’industrie agroalimentaire française s’expliquerait donc par « coût du travail » trop élevé, des taxes publiques impossibles, une guerre des prix livrée par la grande distribution agitée comme un chiffon rouge, une hausse des prix agricoles qui grève les marges… Néanmoins, dans un tel contexte défavorable, le secteur aurait créé plus de 10 000 emplois depuis 2014. Il est bon de réaffirmer quelques réalités issues d’études sérieuses qui démontent cet argumentaire patronal.

1) Le « coût du travail » serait trop élevé. Faut-il rappeler que les entreprises sont exonérées de cotisations employeurs pour les 30% de salariés payés au Smic et jusqu’à 1,6 Smic. Autant dire que dans nos secteurs professionnels, le patronat ne paie des cotisations qu’à hauteur de 10% (les cotisations restant obligatoires comme le chômage, les allocations familiales, la retraite complémentaire) pour une grande partie des salariés. De plus, le secteur a touché, au titre des allègements de cotisations patronales et du CICE sur la période de quatre ans, 9 845€ par salarié. Les salaires dans les IAA n’ont augmenté que de 4,8% dans la même période, quand ils augmentaient de 5,6% dans le reste de l’industrie. Dans le même temps, la productivité du travail a progressé de plus de 9%.

2) La reprise n’aurait pas profité aux IAA. Depuis 2000, la consommation en volume a progressé de 12,1% contre 52,5% en valeur. Ce qui veut dire que les prix s’envolent au profit des grands groupes de l’industrie et de la distribution. Le rapport de l’Observatoire de la formation des prix et des marges nous enseigne que la baisse des prix agricoles a permis aux industriels de l’agroalimentaire et à la grande distribution de conforter leurs marges. Ces deux secteurs se partagent aussi à égalité, sur bien des produits, les gains dus à la baisse des prix des matières premières agricoles.


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