Groupe Piffaut-FTL. Plus que jamais l’étatisation. Pour l’emploi et le développement industriel

vendredi 3 février 2017

Le flou savamment entretenu par la direction mise en place par l’État et les médias autour de l’avenir du groupe Piffaut-Financière Turenne Lafayette (FTL) et des sociétés détenues en nom propre par l’actionnaire unique vise à créer la peur et la résignation parmi les salariés. Les vautours tournent autour du patrimoine et du magot, espérant faire bon marché.

La CGT réaffirme que rien ne justifie un dépeçage et une vente à la découpe. Le groupe Piffaut-FTL a largement bénéficié du soutien de l’État français et constitue aujourd’hui un acteur essentiel pour l’industrie agroalimentaire nationale, notamment dans les branches salaisons et appertisés, dont il détient des parts de marché importantes et des marques fleurons nationaux de notre alimentation. Avec près d’un milliard d’€ de chiffre d’affaires, des marques comme Madrange, William Saurin, Prédault, La Belle Chaurienne, Petitjean… dont la valorisation mériterait d’être connue, ses parts de marché atteignent 30 % dans le jambon cuit, 38 % dans les plats cuisinés. Les rumeurs concernant les dettes du groupe doivent être relativisées par rapport à ces réalités. Toute opération de démantèlement mettrait gravement en cause des pans entiers de notre indépendance alimentaire, l’emploi dans nos industries, le potentiel industriel national, le tissu professionnel dans nombre de nos régions.

L’État français qui, en l’absence d’héritier direct de M. Piffaut, récupère dès maintenant 55 % de la totalité de sa fortune personnelle, devient de fait le principal actionnaire du groupe Financière Turenne Lafayette et de l’ensemble des sociétés. Si l’apport financier de 70 millions d’€ dont 12,5 millions en provenance de l’État permet de poursuivre l’activité, il serait totalement inacceptable que cet apport ne serve qu’à rendre la mariée plus attractive, voire représenterait une mise de fond minimum pour récupérer le jackpot. On le sent bien, les bons sentiments sont remisés aux vestiaires de tous côtés.
L’État doit prendre toutes ses responsabilités pour maintenir la cohérence d’un groupe agroalimentaire à la construction duquel il a largement contribué et garantir la pérennité de l’emploi des 4 000 salariés.

Avec les travailleurs et les syndicats CGT de l’ensemble du groupe Piffaut-FTL, la CGT fait des propositions sérieuses. Le gouvernement doit décider de l’étatisation pérenne du capital de FTL et de l’ensemble du potentiel industriel afin de conforter son intégrité, stabiliser la situation économique et sociale, maintenir l’ensemble des emplois directs et indirects qui dépendent de son activité par un moratoire officiel et précis. Cette question centrale de l’actionnariat doit être au cœur du processus


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